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Mercredi 11 avril 2012 3 11 /04 /Avr /2012 13:48
Titanic-Public-Domain.jpgA l’heure où ressort Titanic, le film de James Cameron, en 3D, on peut se demander une fois encore pourquoi les réalisateurs éprouvent désormais le besoin de tourner ou ressortir systématiquement leurs œuvres en trois dimensions, tant le « plus » que cela apporte au film est inversement proportionnel à l’inconfort que le spectateur ressent, non seulement du fait de ces grosses lunettes en plastique épais, mal adaptées, qu’il doit porter en permanence, parfois même par-dessus ses lunettes de vue, mais également du fait de la fatigue oculaire que le système engendre. Il n’est pas difficile, en effet, de ressortir d’une salle obscure avec une migraine épouvantable et les yeux explosés après avoir vu Avatar en 3D. Il arrive même que la 3D n’apporte rien de plus et ne semble avoir été utilisée que dans le but d’attirer vers le tiroir-caisse, par effet de publicité, une clientèle plus jeune et/ou toujours plus nombreuse. Si l’on veut caricaturer, on peut remettre sérieusement en question l’intérêt de voir un gros plan en 3D sur une main étalant du beurre sur une biscotte, sur un fugitif courant dans une forêt… ou pire, sur le générique lui-même ! On en arrive même, de nos jours, à tourner les pubs qui précèdent le film en 3D. C’est amusant sur le moment, et on en oublie même qu’il s’agit là d’une publicité, mais on s’en lasse très vite.
 
L’idéal étant, comme toujours, de trouver un juste milieu entre un film tourné en totalité en 3D parce que cela se justifie au niveau du scénario et des angles de prise de vue choisis, mais dont le résultat provoque un inconfort visuel parfois insupportable pour le spectateur (surtout si le film est visionné sur écran géant ou si le spectateur a été contraint de prendre place trop près de l’écran en raison de l’affluence dans la salle) et un film tourné pour le principe, et parce que c’est à la mode, en 3D, alors que rien ne justifie qu’il ait été tourné ainsi. La 3D oui, mais à petite dose, et seulement lorsque cela apporte une réelle valeur ajoutée à l’œuvre, parce qu’il renforce l’effet spectaculaire d’une scène en particulier, ou parce qu’il s’agit d’une fiction de « grand spectacle ».
Déjà, en 1954, Alfred Hitchcock avait magnifiquement su tirer profit de la technique du relief lorsqu’il tourna les scènes en contre plongée du « Crime était presque parfait » (« Dial M for Murder ») en 3D. Personne n’a oublié la main de Grace Kelly sortant littéralement de l’écran lorsqu’elle se lance dans la quête désespérée de la paire de ciseaux qu’elle sait posée derrière elle sur la table, alors que son agresseur tente de l’étrangler avec son bas. Cette scène, en particulier, était « faite » pour être tournée en 3D.
Il n’est pas nécessaire de tourner la totalité d’un film en 3D, ou de tourner chaque plan avec l’idée qu’il faut absolument que le spectateur ait l’impression d’être au cœur de l’action. Trop de 3D nuit à la 3D. Quelques scènes, insérées tout au long du film, suffiraient à créer l’atmosphère et surprendre le spectateur. Mais peut-on, techniquement parlant, tourner un film en 2D et n’insérer que quelques scènes en 3D, obligeant ainsi les spectateurs à chausser et déchausser régulièrement leurs lunettes ? A moins que les effets de 3D ne soient discrets, pour s’amplifier et donner le meilleur d’eux-mêmes lorsque la scène le justifie.
C’est ce qui semble être le cas pour le film de James Cameron, dont l’effet 3D ne provoque pas d’inconfort visuel et ne semble pas avoir été utilisé à outrance. On peut dire que pour une fois, (d’un point de vue purement technique, il est important d’apporter cette précision) la 3D se justifie pleinement dans un film, et si le port des lunettes spéciales reste tout aussi agaçant, si la luminosité de l’écran s’en trouve toujours diminuée, au moins on a le sentiment, comme pour « Le Crime était presque parfait » que l’effet 3D a été usé avec parcimonie, intelligence et discernement.
Tout d’abord, et toujours d’un point de vue purement technique, certaines scènes bien spécifiques gagnent au change après avoir été transformées. C’est le cas pour celles où le spectateur voit la mer du haut du pont du navire. On comprend alors pourquoi Rose, pourtant décidée à mettre fin à ses jours, hésite à sauter à l’eau lorsqu’on voit, grâce à cet effet technique, la hauteur vertigineuse qui sépare le pont des flots. Non seulement on a alors le sentiment d’être cette figure de proue qu’incarne quelques secondes la jeune héroïne hésitante, mais on peut même affirmer que la 3D apporte ici un plus au niveau documentaire. Les personnes intéressées par le navire lui-même se rendent mieux compte du gigantisme de la construction. On a enfin la possibilité de se pencher par dessus la balustrade du Titanic, comme on aurait pu le faire si l’on avait été parmi les passagers.
D’autre part, si certaines scènes spécifiques ont gagné au change, il semblerait, bien que cela soit difficile à vérifier, que la 3D utilisée pour rénover « Titanic » ait amélioré la perception par le spectateur d’une multitude de petits détails de mise en scène. Non qu’ils aient été invisibles dans la version précédente, mais on les remarque avec plus de clarté. Et les détails, on ne le répètera jamais assez, James Cameron (et son équipe, sans aucun doute) les a soignés. Il les a chouchoutés, faisant de son film un chef d’œuvre documentaire. On peut trouver naïve et complètement improbable, surtout à cette époque, l’histoire d’amour entre cette jeune aristocrate couverte de soie et de bijoux et cet artiste sans le sou voyageant (clandestinement) parmi les déshérités de troisième classe, on peut trouver, à juste titre, que certains dialogues sont fades ou d’un humour déplacé, car trop « hollywoodien » dans le contexte du film (Jack affirmant à Rose, alors qu’il est fermement menotté au tuyau, qu’il ne va pas bouger de là et l’attendre tandis qu’elle part à la recherche de secours) on peut également relever certains détails imparfaits (mais rien n’est parfait en ce monde) comme lorsque Jack déclare, lors du dîner auquel il est convié, qu’il n’y a que très peu de rats en troisième classe sur le Titanic, alors que, quelques plans plus tard, on voit Tommy Ryan, le jeune irlandais de troisième classe, suivant vers la sortie, lors de sa fuite des couloirs déjà inondés, une multitude de rats (à moins que les troisièmes classes des navires de l’époque étaient si infestées de rats que celles du Titanic semblaient, en comparaison, relativement épargnées ?), bref, on peut trouver toutes les critiques que l’on veut au film de James Cameron, il n’en demeure pas moins qu’il est un chef d’œuvre documentaire, non seulement sur le navire lui-même, mais sur les circonstances de la tragédie, sans oublier les côtés sociologique et émotionnel qu’il ne fallait pas non plus négliger.
James Cameron, peut-on lire, a accumulé des montagnes de documentation pour la réalisation de ce film et a accompli un travail aussi titanesque que le navire qu’il a voulu faire revivre. Rien, absolument rien, n’a été négligé. Tout a été minutieusement reconstruit à l’identique. Nombre de scènes ont été reproduites d’après photographie d’époque, comme celle montrant ce petit garçon jouant sur le pont de première classe avec une sorte de palet. Cette scène est en effet basée sur une photo prise à bord juste avant le départ du navire. Elle dure moins de trois secondes, et pourtant il est évident que l’équipe de tournage lui a accordé la même importance et la même attention qu’une autre scène que le spectateur aurait eu plus le temps de voir. De même, lorsque Ismay, dans un salon de première classe, tente de convaincre le Capitaine Smith d’augmenter la vitesse du navire en allumant les dernières chaudières encore inactives, afin de faire la une de tous les journaux en arrivant à New York plus tôt que prévu, le spectateur ne manque pas de remarquer la femme assise juste derrière leur table, qui espionne, l’air de rien, la conversation. Du moins la remarque-t-on si l’on est au préalable informé du fait que ce fait est réel. Bien que cela soit à peine perceptible, James Cameron a tenu à inclure ce minuscule détail dans ce plan, et c’est ce qui fait toute la différence. Et des détails de ce genre, il y en a sûrement des milliers d’autres, ce qui pousse à lire autant de documentation que l’on peut sur l’histoire du navire et l’histoire de son naufrage, pour revoir ensuite le film de Cameron avec l’étonnement de découvrir ces petits détails qui nous avaient échappé lors du visionnage précédent. Bien des gens se sont demandés comment il se faisait que certains spectateurs soient retournés voir le film des dizaines de fois à sa sortie en 1997. La réponse est là. Parce qu’il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir dans « Titanic », et que James Cameron n’a rien négligé, rien laissé au hasard, même des plans fugitifs, presque subliminaux, que les yeux auraient à peine le temps de capter. C’est clair, Cameron est un cinéaste qui respecte profondément son public.
On ne peut donc qu’être admiratif devant le travail accompli, même si l’on est du genre à vouloir à tout prix dénicher le petit détail qui coince, la petite erreur sans réelle importance que l’on ne voudra pas pardonner. Cela dit, adopter cette attitude est aussi une preuve que l’on a regardé le film avec une extrême attention, et que l’on se sent concerné, par grand intérêt porté au film, si un détail a été négligé.
D’un point de vue documentaire, on peut juste regretter que la seconde classe du navire n’ait pas été un peu plus montrée, car elle existait bel et bien, ce qu’on a tendance à oublier parfois. La petite Cora, par exemple, voyageait-elle en seconde ? Son compartiment, que l’on entrevoit durant une seconde ou deux, semble en effet légèrement plus confortable que celui où loge Jack. La seconde classe a compté elle aussi de très nombreux naufragés. La plupart des rescapés, est-il nécessaire de le rappeler, étaient des passagers de première classe. La troisième classe fut celle qui compta le plus fort pourcentage de victimes, et le film de Cameron montre parfaitement comment furent traités ces passagers de troisième jugés moins importants que les autres d’un point de vue humain, comment ils furent parqués derrière des grilles comme des bêtes alors que le bateau coulait, et que l’on faisait monter à bord des canots, en priorité et au son de l’orchestre, les élégantes aristocrates de première. Il est bon de rappeler également que les tous premiers morts du Titanic ne furent pas des passagers, ni même des employés à bord du navire, mais huit ouvriers ayant perdu la vie sur le chantier de construction du fait des conditions de travail très éprouvantes.
La 3D dans le film de Cameron apporte également une réelle valeur ajoutée lorsque l’on fait visiter au spectateur les salles des machines. Déjà spectaculaires et impressionnantes en 2D, les monumentales turbines et les gigantesques pistons sont à couper le souffle lorsqu’on les découvre en relief. Cette fois, on a vraiment l’impression d’être à bord, on a l’impression « d’y être », et c’est l’effet recherché par le cinéaste.
Mais c’est justement là où l’on peut sérieusement se poser la question de savoir si Titanic devait vraiment être ressorti en 3D. Cette question m’a taraudé l’esprit au moment de retourner voir le film. Faut-il vraiment aller voir Titanic en 3D comme on irait voir un spectacle anodin et moins dramatique ?
L’effet 3D sert à donner au spectateur l’impression qu’il se trouve au cœur de l’action, qu’il la vit au même titre que les personnages du film. Elle sert à augmenter le côté spectaculaire d’un film, donner plus de force aux images, voire même à lui donner un côté « grand spectacle ». Or, Titanic peut également être perçu comme un film documentaire, et en premier lieu comme un film documentaire, où la fiction est finalement secondaire, où elle n’est que prétexte à montrer ce que fut ce navire, le décalage ahurissant entre le traitement des passagers en fonction de leur classe sociale, les conditions de travail effroyables des personnes employées dans les salles des machines, notamment la salle des fourneaux, montrer aussi exactement comment et pourquoi le navire a coulé, et surtout, d’un point de vue plus émotionnel, comment les passagers ont dû vivre et ressentir la tragédie de leurs derniers instants. Certaines scènes sont déjà suffisamment éprouvantes à regarder pour qu’on ne soit pas en plus choqué du fait qu’il faille désormais les considérer comme du grand spectacle. Car après tout, il s’agit bien d’une reconstitution minutieuse de faits réels et non d’une simple fiction. Ce n’est pas Margot cherchant à attraper la paire de ciseaux pour se défendre contre son agresseur. Tous ces gens que l’on voit mourir en direct sur l’écran ont bel et bien vécu ce drame en 1912, il y a tout juste cent ans. Ces deux enfants de troisième classe que la maman a remis au lit, sachant qu’ils n’avaient plus aucune chance d’être choisis pour monter à bord d’un canot de sauvetage, ont peut être réellement existé. Ce papa qui fait à ses filles un adieu bouleversant, leur mentant sur l’existence d’un autre canot réservé aux papas et leur recommandant de veiller sur leur mère, a peut-être été l’un des passagers réels du Titanic en ce mois d’avril 1912. Cette famille orientale particulièrement paniquée, parce que ne sachant pas où aller et ne comprenant visiblement même pas la langue dans laquelle étaient écrits les panneaux sur les murs, était peut-être, elle aussi, réellement à bord du navire. Ces gens qui sautent par-dessus bord, ou dont la chute les entraîne dans le vide, n’est-ce pas choquant et déplacé de vouloir les voir se tuer « comme si on y était » ? Sommes-nous à ce point à la recherche de sensations fortes ? Ces autres gens, prisonniers de salles qu’ils n’ont pas réussi à quitter, qui hurlent alors que l’eau monte inexorablement, qu’ils sont sur le point de se noyer et savent qu’ils sont en train de vivre leurs derniers instants, il est déjà suffisamment pénible de les voir se noyer, alors faut-il vraiment les regarder mourir en trois dimensions ?
On ressort de la salle obscure avec la conviction renforcée que la 3D ne doit pas être servie aux spectateurs à toutes les sauces, et pas seulement, comme décrit plus haut, en raison de l’inconfort visuel que l'effet procure. Il y a des sujets bien particuliers, des sujets sensibles, qui ont du mal à s’y prêter. Si Titanic est un chef d’œuvre du point de vue de sa réalisation technique et au niveau reconstitution historique, s’il est vrai que certaines scènes, comme celle de la figure de proue ou les scènes montrant les salles des machines, gagnent à être montrées en 3D, on n’aurait peut-être pas dû, par respect pour la mémoire des victimes, vouloir renforcer, par l’ajout de cette 3D, le côté « grand spectacle familial » du film. Si la 3D n’a aucune incidence, d’un point de vue émotionnel, sur des films comme Avatar ou Alice au Pays des Merveilles, peut-être était-elle déplacée dans le cas de Titanic, et eut-il mieux valu, par principe, éviter d’y avoir recours, surtout pour marquer les cent ans du naufrage du navire. Une ressortie en 2D, en film « normal » en quelques sortes, n’aurait-elle pas été largement suffisante ? En effet, tant que l’on va voir Titanic en 2D et que l’on se concentre sur l’aspect documentaire et reconstitution historique, il est possible de faire l’impasse sur l’aspect hollywoodien du film et sur son côté « spectacle » dans la mise en scène de la mort des passagers, que l’on pouvait percevoir comme la volonté d’être au plus près de la tragédie qu’ils ont vécue. En revanche, que le film soit ressorti en 3D laisse à penser que le côté « effet technique » et désormais « grand spectacle » l’a emporté sur le côté purement humain et le côté documentaire. Peut-être est-ce finalement pour cette raison, en raison de « l’inconfort », non visuel mais émotionnel, produit par le fait de voir un tel film en 3D, que l’effet de relief semble avoir été distillé, comme écrit plus haut, avec parcimonie, intelligence et discernement ?                                                                    
Par Surya - Publié dans : Textes d'opinion, caricatures, parodies etc...
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Lundi 30 août 2010 1 30 /08 /Août /2010 19:31

 

Petit-Livre-Marron-70.jpg En cette année 50 de la Nouvelle Ere Révolutionnaire, le Peuple de l’Union Coriétique a rendez vous avec l’Histoire ! Notre puissante et enviée Nation, telle un phare s’élevant majestueusement vers les plus hauts sommets qui dessinent nos somptueux paysages, éclairera le monde de sa Lumière salvatrice durant les mémorables commémorations du cinquantenaire de la Grande Marche du Peuple vers la Liberté, couronnée par le triomphe éclatant du Collectivisme sur les agresseurs impérialistes, infâmes traîtres à la cause du Peuple, ennemis mortels contre lesquels nous avons uni nos forces invincibles et que, dans un grand élan collectif d’héroïsme patriotique et de courage inouï, le Peuple coriétique a vigoureusement combattus et glorieusement vaincus dans des rivières de haine et des torrents de sang !

En ce 7ème jour du 20ème mois de l’an révolutionnaire 50, jour de Fête Nationale, nous honorons comme un seul cœur la mémoire éternelle de Milkygniouss, Père de la Nation et Guide Suprême de la Révolution qui libéra notre Patrie bien aimée, et réaffirmons notre fidélité immaculée à Notre Cher Dirigeant, le Maréchal Milkygniomm, dont l’affection sans limites pour la Nation coriétique et pour son Peuple rayonne par delà les frontières, extensibles, de notre belle contrée, jusque dans le monde entier !

En cette année 50 de la Nouvelle Ere Révolutionnaire de type Kloung, le Peuple de l’Union Coriétique sera uni dans la liesse. Dans les plus petites villes, dans les campagnes les plus reculées, près du grandiose Mont Milkygniouss, couvert de neige durant toute l’année, et du mythique lac Milkygniomm aux eaux si fraîches et si limpides, seront organisés dans le stade Milkygniouss, le plus grand stade du monde, d’immenses manifestations populaires et Jeux de la Jeunesse, et dans tout le pays de grands rassemblements et des chantiers collectifs. Dans toutes les écoles, dans toutes les usines, dans toutes les Unités de Production, dans toutes les casernes de l’armée populaire, les studieux écoliers, les énergiques et infatigables ouvriers et paysans, et les valeureux soldats de l’armée populaire célèbreront la grandeur de Notre Dirigeant et chanteront à l’unisson leur fierté d’appartenir à la plus grande Nation du monde, l’Union Coriétique !

Et c’est pour glorifier éternellement notre Dirigeant bien aimé qu’à partir de cette année, cinquantenaire de la Révolution coriétique menée en parfaite conformité avec les idées collectivistes du Kloung, le 7ème jour du 20ème mois de la Nouvelle Ere Révolutionnaire, jour de Fête Nationale, sera renommé, dans toute l’Union Coriétique et dans le monde entier, Milkygniomm Day !

Notre Père à tous le Kloung, soleil de la Nation, père de la Révolution, recevra des hommages révolutionnaires appuyés sur le lieu même de sa naissance, dans la forêt secrète de Milkygniouss. Car c’est là, dans un petit chalet de bois ouvert à tous les vents, perdu au milieu de la nature, que celui qui allait devenir Notre Guide Suprême a vu le jour et a passé une enfance heureuse, dans l’harmonie et la simplicité. Une colonie d’oiseaux blancs traversa le ciel à l’instant même où il poussa son premier cri. Enfant vigoureux, fils modèle, élève discipliné d’une intelligence extraordinaire, Pionnier exemplaire des Jeunesses Coriétiques dont il arborait avec fierté autour de son cou le foulard marron, il fit le bonheur de son père, ouvrier agricole à la ferme collective d’Etat numéro 42, de sa mère, ouvrière dans la coopérative de filature d’Etat numéro 23, et de ses professeurs, avant de devenir celui de son Peuple tout entier.

C’est là également que le Grand Leader écrivit en une nuit seulement son Petit Livre Marron, sublime recueil extrêmement clairvoyant de la pensée gnioussienne, dont voici quelques extraits :

« -  La radieuse révolution de Kloung libérera le Peuple de l’esclavage et des manœuvres subversives et sournoises des impérialistes ! Tels des insectes nuisibles, les impérialistes du sud-ouest s’infiltrent dans nos structures internes pour tenter de détruire l’unité et la cohésion du Parti. Mais l’ennemi ne vient pas seulement de l’extérieur, il se cache également parmi nous ! Nous devons chaque jour le combattre avec acharnement ! Les traitres à la cause du Peuple, les ennemis du Parti, tous  seront démasqués et châtiés !

- Le peuple est vivement encouragé à dénoncer auprès du délégué local du Parti les éléments dont il aurait surpris ou dont il soupçonnerait des propos ou des attitudes individualistes, impérialistes et contre-révolutionnaires.

- […] et l’armée populaire, forte de plusieurs millions d’hommes et de plus de 50000 chars, anéantira les nouvelles tentatives d’envahissement des impérialistes du sud-ouest ! A jamais fidèle à sa Nation, à jamais fidèle à son Dirigeant, dans l’unité la plus parfaite, l’héroïque peuple coriétique versera dans l’allégresse jusqu’à la dernière goutte de son sang sublime pour que triomphe la flamboyante révolution ! »

Le Grand Leader mourut comme il avait toujours vécu, dans la modestie authentique et animé par les nobles sentiments de l’Amour de sa Patrie et l’Amour de son Peuple. « Vive l’Union Coriétique ! Vive la Révolution collectiviste ! » furent les dernières paroles qu’il prononça avant de rendre son dernier soupir.

Et c’est là enfin que naquit, un beau soir d’été, sous un ciel d’une incomparable pureté qu’éclairaient la pleine lune et des millions d’étoiles scintillantes, celui qui allait devenir le plus grand Dirigeant, le Maréchalissime Milkygniomm ! Des objets lui ayant appartenu, tels le tout premier biberon grâce auquel il savoura le lait délicieux que lui offrait sans compter la vache de l’étable, une petite lampe de chevet, construite de ses propres mains, sa chaise en bois, ou des lettres qu’il écrivit à l’âge de quatre ans, sont précieusement conservés et présentés aux visiteurs dans la plus belle salle du Musée de la Révolution de Gnioussville.

Notre Dirigeant, proche de son Peuple comme peut être affectueux un père envers ses nombreux enfants, a toujours mis un point d’honneur à rencontrer en personne celles et ceux qui font la force de travail de la Nation. Le voici lors de sa récente visite de l’usine de fabrication de cuillères à soupe du district de Gnomia, admirant la qualité incomparable du travail des ouvriers et écoutant avec grand intérêt les renseignements fournis par le Chef d’Unité. Le voilà quelques jours plus tard à l’inauguration du Salon International des Fleurs, félicitant le camarade Ine, concepteur de deux nouvelles variétés de roses : la Milkygnioussia et la Milkygniommia. Nous le voyons enfin répondant chaleureusement aux acclamations de la foule lors du concert donné au Palais du Peuple en l’honneur de son anniversaire, où il fut très satisfait de l’Orchestre d’Etat pour la haute valeur idéologique et artistique de sa prestation.

Ainsi, chaque jour, le Maréchal Milkygniomm honore de sa visite, pour le plus grand bonheur des masses populaires, les fermes collectives d’Etat, les chantiers de construction de logements où s’élèvent à des vitesses accélérées de remarquables Complexes d’habitation, symboles de l’édification de la Nation toute entière, les usines, qui tournent toujours à plein régime grâce à leurs équipements de très haut rendement, ou encore les innombrables établissements d’enseignement, garants de la bonne moralité idéologique populaire.

Depuis la Révolution collectiviste qui a libéré le Peuple de l’Union Coriétique, le pays n’a connu aucune crise économique ni difficultés quelconques. Le bien être matériel et culturel du peuple n’a cessé de progresser. La Révolution, que perpétuera fidèlement à l’avenir chaque génération nouvelle, fut le grand bond en avant de l’Union Coriétique, qui marche désormais fièrement sur la voie du bonheur et de la prospérité.

Gloire éternelle au Grand Leader Milkygniouss, héroïque  fondateur de la Nation ! Longue vie et gloire éternelle à notre Dirigeant Milkygniomm !! Gloire éternelle à la Révolution collectiviste de Kloung et à l’Union Coriétique !!!

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« L’Etat intensifie la révolution idéologique pour transformer tous les membres de la société en révolutionnaires, les modeler à l’image des membres de la classe ouvrière et faire de la société une collectivité unie dans la camaraderie. » (Constitution de la République Populaire Démocratique de Corée, Chapitre I, article 10.)

« L’Etat s’en tient à la ligne établie à l’égard des classes et renforce la dictature de la démocratie populaire pour défendre efficacement le pouvoir populaire et le régime socialiste contre les manœuvres subversives des éléments hostiles de l’intérieur et de l’extérieur. » (Constitution de la RPDC, Chapitre I, article 12.)

« La République populaire démocratique de Corée édifie une culture authentiquement populaire et révolutionnaire au service des travailleurs socialistes. Dans l’édification d’une culture nationale socialiste, l’Etat s’oppose tout d’abord à la pénétration culturelle impérialiste […] » (Constitution de la RPDC, Chapitre III, article 41.)

« L’Etat transforme, en appliquant le principe fondamental de la pédagogie socialiste, les membres de la génération montante en révolutionnaires résolus, prêts à lutter pour la société et le peuple, en hommes nouveaux de type Juche, développés sur les plans intellectuels, moral et physique. » (Constitution de la RPDC, Chapitre III, article 43.)

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Notes.

1) Les extraits de la constitution de la RPDC présentés ci-dessus ont bien sûr été soigneusement sélectionnés pour coller au contenu et au ton parodiques de cet article.

2) L’image présentée est une transformation de ce fichier.

 

 

 

 

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Par Surya - Publié dans : Textes d'opinion, caricatures, parodies etc...
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Lundi 4 janvier 2010 1 04 /01 /Jan /2010 16:17

star-de-hollywood Les superproductions ne valent-elles que par l’aspect financier qu’elles représentent, est-ce justifié de les bouder sous prétexte qu’elles sont le porte drapeau d’une forme de cinéma à grand spectacle considéré parfois comme superficiel et creux ? Ne passe-t-on pas, en adoptant par principe une telle attitude, à côté d’un excellent film, car ne sont-elles pas au contraire du grand cinéma, du vrai cinéma, créé pour servir la distraction et le plaisir du spectateur, tout comme l’étaient les comédies musicales hollywoodiennes à l’époque où celles-ci faisaient fureur, ou le cinéma de Bollywood de nos jours ?

 

 

 

J’ai eu l’occasion d’aller voir Avatar durant les fêtes de fin d’année. Partie au départ avec l’idée de voir un film simplement distrayant, de belles images et de bons effets spéciaux, et pas bien sûr un film d’art et d’essai  incitant à la réflexion, à l’arrivée je n’ai donc pas été déçue, loin de là, même si certains aspects ou passages du film ne correspondent pas au genre de cinéma vers lequel je tends à me tourner d’habitude.

 

J’ai, ou plutôt j’ai eu autrefois, sans doute par pur snobisme, trait de caractère dont on a parfois bien du mal à se défaire, tendance à rejeter d’emblée les superproductions, ce genre de films faits à coup de millions de dollars servant une avalanche d’effets spéciaux les plus spectaculaires possibles, dont l’un des objectifs, volontaire ou non, est de masquer une absence quasi totale de profondeur dans le contenu, et qui inondent ensuite les salles de cinéma du monde entier, faisant venir le public à coup de campagnes publicitaires tout aussi coûteuses ou presque.

 

Ce préjugé, quoique parfois justifié pour l’aspect parfois un peu « premier degré » ou « message un peu trop simpliste » de ces productions, a déjà failli me faire passer à côté de Titanic en 1997, que je croyais n’être au départ qu’une énième histoire d’amour impossible entre une aristocrate richissime et révoltée contre son milieu et un jeune artiste forcément fauché, naive et… digne du pays des Bisounours, (autrement dit exactement comme on les aime en France ;-) ), et que j’ai en fait adoré (l’histoire d’amour aussi, que j’ai trouvée très belle et très romantique) surtout pour la fidélité dont James Cameron a scrupuleusement fait preuve dans la reproduction du moindre petit détail historique, s’aidant notamment de photos d’époque (rescapées du naufrage, ou prises avant l’appareillage du navire), pour la construction de ses scènes.

 

J’aime en effet ce souci du plus petit détail, ce perfectionnisme dans la mise en scène ou le graphisme, que l’on trouve la plupart du temps dans les films américains à effets spéciaux, ou les dessins animés japonais comme Princesse Mononoké de Hayao Mizayaki, ou le très triste mais magnifique Tombeau des Lucioles de Isao Takahata, deux productions des studios japonais Ghibli, qui font de ces films ou ces Mangas animés des chefs d’œuvre dans le genre auquel ils appartiennent.

 

Ce souci du détail, qui représente aussi pour moi une forme de respect envers le public, fait malheureusement souvent défaut, à mon avis, dans les productions françaises, (sans aucun doute par manque de budget équivalent, ce qu’on l’on ne peut évidemment pas reprocher, mais peut être aussi par le fait d’une sorte de croyance chronique que « ça suffira bien comme ça, pas la peine d’en faire trop, de toute façon le spectateur n’aura pas le temps de capter ce détail fugitif ») mais également dans certains nouveaux dessins animés américains à base d’images de synthèse, dont les graphismes sont pour moi totalement dénués de finesse et de délicatesse, du moins pour l’instant.)

 

Ces super productions américaines dopées à coup de millions de dollars ne sont pas seulement le résultat d’un budget colossal, mais aussi et surtout celui du travail tout aussi colossal d’une équipe toute entière, totalement vouée à la réussite du projet à mener à bien, à commencer par le travail du metteur en scène qui doit avoir l’impression, au moment du démarrage de son projet, d’une véritable montagne qu’il va lui falloir abattre.

Pas étonnant alors qu’il ait fallu à James Cameron dix longues années pour réaliser un film comme Avatar, et c’est donc non seulement une absence de reconnaissance du travail monumental consenti, mais également une injustice par rapport à la qualité finale du film et par rapport au désir de l’équipe cinématographique, dont on sent son souci premier (fut-il même secondaire) de faire plaisir au spectateur, de lui offrir un spectacle de grande qualité, que de formuler des critiques telles que « dix ans pour pondre ça ?»

 

Alors jusqu’au dernier souffle de ma vie, je jure solennellement de ne plus avoir ce préjugé sur les films à très grand budget ;-), même si bien sûr certains de ces films à grand spectacle sont forcément plus réussis que d’autres. Comme pour tout autre genre cinématographique, il faut faire une sélection, lire d’abord les critiques, les positives comme les négatives, pour être plus à même de décider si l’on accepte ou non de payer la somme non négligeable de 13,50 euros (3D oblige) et d’affronter les températures hivernales et les bourrasques de vent glacial pour se rendre dans un des nombreux temples du 7ème art.

 

Bien sûr, on ne peut nier que certaines critiques émises sur un certain manque de profondeur de beaucoup de ces superproductions sont parfois justifiées. Les messages sont parfois distillés de façon trop simpliste. La saga Star Wars, désormais entrée dans la légende, et dont le « making of » a fait l’objet d’une magnifique exposition à la Cité des Sciences et de l’Industrie fin 2005 (sauf erreur de date de ma part), comporte elle aussi des défauts, certaines scènes de l’épisode 6 (le premier épisode tourné) me donnant souvent, par exemple, le sentiment d’être un film de propagande réalisé sur commande pour les services de recrutement de l’armée américaine.

 

Rien de tel dans Avatar en ce qui concerne la vision donnée de l’armée américaine, c’est même tout le contraire. « Enfin ! » a-t-on envie de dire avec soulagement ! James Cameron n’hésite donc pas à partager ses opinions personnelles, celles d’un citoyen visiblement engagé.

La caricature totale du soldat forcément balafré, si musclé qu’on a l’impression que ses biceps vont exploser comme une roue de vélo trop gonflée, au cerveau quelque peu atrophié, totalement dénué de toute forme de sensibilité, impitoyable et conditionné pour appuyer sur la gâchette et vider de façon enragée son chargeur dès qu’il repère le simple frémissement d’une feuille d’arbre, est parfaitement réussie, et sert ici le message que James Cameron veut faire passer, même s’il est présenté de façon évidente (mais on sent que c’est ici intentionnel, ce film étant destiné à toucher toutes les classes d’âge). Le reproche que l’on pourrait faire à ce genre de messages, si l’on souhaite vraiment en formuler un, serait plutôt leur absence de caractère intemporel ou universel, étant de façon trop évidente liés à l’actualité de ces dernières années.

Les messages sous jacents introduits dans certains Mangas animés japonais, notamment ceux liés au rejet de la bombe atomique et par extension au rejet du nucléaire dans son ensemble (Nausicaa de la Vallée du Vent, de Mizayaki), sont toujours présentés de façon très symbolique, et peuvent donc être compris quelque soit l’époque (mais pas forcément quelque soit l’âge du spectateur). Cependant, on ne peut qu’espérer que les prochaines générations de spectateurs, qui auront peut être l’occasion de revoir Avatar, ne se sentiront plus concernées à l’avenir par les messages présents dans le film tels que « combattons la terreur par la terreur » qui sont très clairement et très directement énoncés par le personnage du Colonel.

 

Un autre reproche que l’on pourrait formuler concernant les superproductions à très gros budget comme Avatar est le souci fragrant de satisfaire les amateurs de tous les genres de films à grand spectacle. Avatar est en effet une sorte de gâteau composé d’ingrédients très (trop ?) divers, piochés dans les films d’action, de guerre, de Fantasy, dans le style Jurassic Park avec des monstres préhistoriques à souhait, mettant également en scène l’indispensable histoire d’amour que beaucoup jugeront là aussi niaise (qu’y a-t-il de si niais dans une histoire d’amour ??), n’oubliant pas non plus l’univers de la science fiction, etc.

C’est peut être au contraire une des forces du film, car le mélange des ingrédients est homogène et au final le gâteau est savoureux. Chacun y trouve par conséquent son compte, même si le risque est cependant que l’on s’ennuie un peu lors de scènes que l’on va forcément juger trop longues, car ne correspondant pas au genre de spectacle que l’on affectionne, comme, en ce qui me concerne, les scènes de bataille, même si on ne peut nier qu’elles sont magnifiquement conçues et que les images sont superbes et à couper le souffle.

 

Car la plus grande réussite des films à grand spectacle et à gros budget comme Avatar est la beauté extraordinaire de leurs images. Comment ne pas être éblouis par ces paysages féériques, quasi magiques, composés de plantes fluorescentes aux douces teintes pastel, magnifiés de surcroît par les effets de la 3D ? Même Titanic, dont pourtant le thème traité était on ne peut plus tragique, n’a pas oublié de soigner son esthétique, certaines scènes comme celle où les dernières balises de détresse sont tirées sur fond de ciel étoilé, ou celle où la barque, revenue à la recherche des derniers survivants, est filmée progressant au ralenti au milieu des corps inanimés, au son des voix déformées des sauveteurs accompagnées d’une mélodie douce et mélancolique, sont artistiquement sublimes. James Cameron est, sans le moindre doute, l’un des plus grands réalisateurs de notre époque.

 

Cependant, ces superproductions, pour être entièrement réussies, devraient peut être redéfinir encore mieux leur équilibre, afin d’éviter le trop-graphique, ou le trop-spectaculaire composé uniquement d’effets spéciaux sur lesquels on miserait de façon exagérée, au détriment du symbolisme, qu’il faudrait introduire plus encore, à la façon des Mangas animés japonais les plus réussis, qui s’adressent par conséquent aussi bien aux enfants qu’aux adultes, afin de s’enrichir en ajoutant des niveaux supplémentaires de compréhension, construisant alors des œuvres parfaitement achevées un peu comme on fabriquerait un mille feuille, chaque niveau d’interprétation se comportant comme une couche supplémentaire venant s’ajouter sur la précédente. Les superproductions américaines, si elles sont souvent des chefs d’œuvre dans leur genre, gagneraient sans doute à se laisser plus influencer par le cinéma venu de l’extérieur.

 

C’est pourquoi un film comme Avatar, de même que toute superproduction soignée, pour laquelle le réalisateur et son équipe ont fourni un véritable travail, ne mérite pas d’être boudé. Il y a dans ces films beaucoup plus de choses à découvrir, beaucoup plus de choses à retenir que ce qu’on voudrait y voir au premier abord.

 

Et Jake, le héros d’Avatar, qui nous rappelle étrangement le Jack de Titanic au moment où Neytiri, le croyant mort, se désespère en appelant son nom (souvenons nous de Rose, secouant en pleurant la main de son amant : « Jack, there’s a boat, Jack ! »…) loin de s’égarer dans l’illusion d’un monde utopique et donc forcément éphémère, situé entre le réel et le virtuel, dans lequel on lui demande d’évoluer, loin de se perdre mentalement dans la double identité, le « double-je » qu’il est obligé de jouer, réapprend au contraire petit à petit, au contact des Na’vis, les vraies valeurs oubliées, la vraie réalité de la vie.

 

Nous devons apprendre de nos erreurs, tel est aussi le message sous jacent d’Avatar, peut être le message le plus important, car il est, celui-ci, intemporel et totalement universel.

 

 

Articles Agoravox consacrés au film « Avatar » :

 

http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/avatar-esque-67599

http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/avatar-de-james-cameron-67179

http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/avatar-le-choc-des-cultures-67101

http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/avatar-du-ravissement-a-la-67057

 

http://www.agoravox.tv/culture-loisirs/culture/article/tout-sur-avatar-24582

 

 

 

 

 

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Par Surya - Publié dans : Textes d'opinion, caricatures, parodies etc...
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Dimanche 20 septembre 2009 7 20 /09 /Sep /2009 23:00

Pourquoi l’Amour fait-il parfois si peur ? Aime-t-on vraiment une seule fois dans sa vie ? Est ce que l’Amour fait mal ? Ce sont des questions que se posent beaucoup d’entre nous, et dont les réponses peuvent sembler si terrifiantes qu’elles finissent par nous faire craindre l’idée de l’amour lui même, et craindre également celle de se lancer totalement, « corps et âme » comme on dit, dans un Amour absolu. Cet article est un simple article d’opinion, exposant sans ambition quelques réflexions personnelles, un article de pur questionnement, qui ne prétend pas apporter la moindre réponse à ce sujet universel et éternel qu’est l’Amour, qui devrait être le sujet le plus simple du monde, et qui pourtant est peut être en réalité le plus compliqué.



L’amour, celui qui sera nommé ici le véritable Amour, celui que l’on désigne avec un grand A, est probablement la chose la plus mystérieuse et la plus étrange qui existe. La plus rare aussi, peut être. Et la plus précieuse, sans le moindre doute.

 

Mystérieuse, parce qu’on ne sait pourquoi ce jour là, cela vous est tombé dessus, au moment où l’on s’y attendait le moins, pourquoi on a été frappé, terrassé, même, par la foudre, avec une telle force, une telle intensité, ni pourquoi, lorsqu’on regarde l’être aimé, ou sa photo quand on ne peut être en sa compagnie, ou quand on lit et relit quelque chose qu’il a écrit, on se sent envahis par un sentiment qui nous dépasse totalement, qui nous submerge, et par cette certitude absolue qu’il y avait, sur Terre, cette seule et unique personne à qui l’on était destiné, et cette personne, on l’a trouvée.

On se sent alors si léger, on a soudain l’impression qu’il nous est poussé des ailes, et si l’on a des soucis dans la vie, si la vie n’a jamais été tendre avec vous et qu’elle continue à vous faire des misères, on se sent alors tellement fort, prêt à affronter toutes les épreuves qui nous ont jusque là minées et amoindries. On arrive à tout supporter, les problèmes de boulot, les problèmes de fric, les tracasseries administratives qu’on vous fait subir en plus de cela, le reste et plus encore, et plus rien de tout cela n’a d’importance. Plus rien n’a d’importance parce qu’est entrée dans sa vie la seule chose qui compte, la seule chose qui fait que la vie a vraiment un sens et vaille la peine d’être vécue.

Et on balaye alors tout les malheurs de sa vie d’un revers de la main, de cette main qui ne songe plus qu’à prendre celle de l’autre, sa main à lui, pour le restant de nos jours et de nos nuits. On ne songe plus qu’à être à ses côtés quoi qu’il arrive, pour être heureuse de ce qui le rend heureux, le soutenir de toutes ses forces si ça va mal, et être là, tout simplement, pour lui et uniquement pour lui.

 

Parce qu’un jour deux regards se sont croisés, qu’ils se sont fondus l’un dans l’autre, qu’ils ont fusionné, et parce que son regard était si beau, si doux, si profond, si touchant et si plein de sincérité que la foudre a immédiatement frappé.

Et quand la foudre a frappé avec une telle intensité, elle laisse toujours des traces indélébiles, que jamais le temps ne pourra effacer.

 

Ce qui est incompréhensible, c’est ce qui peut pousser certaines personnes à tourner le dos à quelque chose d’aussi beau, d’aussi unique et irremplaçable que l’Amour qu’on ressent ou qu’on vous offre. L’Amour exclusif, l’amour total, celui pour lequel on devient capable de tout donner et de tout sacrifier.

Ce quelque chose dont tout le monde rêve, et quand un jour il est là, il semblerait qu’il soit si effrayant que tous les prétextes soient bons pour penser que ce n’est pas à lui que l’on a affaire, cela ne se peut pas. Cela ne peut pas être aussi sérieux.

Comment peut-on imaginer qu’on ne puisse croire à l’Amour avec un immense A, alors qu’en même temps c’est celui là et pas un autre que tout le monde attend, parfois durant de longues années, parfois (malheureusement ou heureusement, selon les circonstances), sans jamais le rencontrer, mais que malgré tout, nous ne cessons jamais d’espérer qu’il vienne enfin frapper un jour à notre porte ?

 

L’amour, du moins l’idée que la société semble se faire de l’amour, est pourtant délibérément placé au cœur de nos vies et de nos centres d’intérêts. Nous sommes presque conditionnés à l’attendre. Dès l’enfance, la fillette est d’ailleurs préparée à attendre la venue de son Prince Charmant. Et pas une semaine ne s’écoule sans que la télévision ne nous propose un film où l’Amour tient le tout premier rôle, mais dans lequel il prend toujours le visage du doute, de la peur de s’engager totalement , ou le visage hideux de la jalousie des uns, de l’égoïsme des autres, de la trahison, le visage un peu lâche, peut être, de la tromperie, ou celui de drames dans lesquels les deux personnes se déchirent, de disputes violentes ponctuées des inévitables paires de claques qui fusent d’un côté ou de l’autre sur fond de bruitage cinématographique. Espére-t-on nous faire croire que c’est cela, la passion, le grand Amour ? N’est ce pas plutôt remplir du néant que de le montrer sous un tel angle ?

Comme dans le film américain d’Arthur Hiller, « Love Story », où d’autres films aux scénarios sans doute moins dramatiques quand même, doit-on se résoudre à croire que le véritable Amour, tel que peut l’être l’amour « coup-de-foudre », l’amour « passion », l’amour où seul compte désormais l’autre et plus du tout soi même, sera toujours, à terme, condamné d’avance ? Qu’il n’est qu’une illusion, n’a en réalité pas sa place dans la vraie vie (et visiblement même plus au cinéma, l’Amour tel qu’il était montré dans les films Hollywoodiens étant désormais considéré comme de la naiveté, de la mièvrerie), et que la vie, la vraie de vraie, se chargera tôt ou tard, de remettre les pendules à l’heure et de l’ordre dans ce bouleversement ?

 

Tant de questions se posent à propos de l’Amour !

Pourquoi cette difficulté de trouver la véritable « âme sœur » ? Peut être parce qu’il n’y en a qu’une sur Terre, et que c’est sûrement un coup de chance extraordinaire que justement les deux chemins faits pour se rencontrer se rejoignent bel et bien un jour ? Pourquoi l’échec de tant d’histoires d’amour qui semblaient avoir si bien commencé ? Parce qu’il ne s’agissait pas du véritable Amour ? Mais qu’est ce que le véritable amour , alors ? Sans doute, entre autres, celui qui fait que l’on accepte totalement et sans condition l’autre tel qu’il est, en aimant tout autant ses défauts, si humains, que ses qualités, si nobles

 

Pourquoi, finalement, l’Amour est-il toujours considéré comme une prise de risque, et non l’aboutissement du chemin, certes parfois rocailleux et que l’on a parcouru en se déchirant la plante des pieds, pour aller coûte que coûte, et quelques soient les épreuves à traverser, à la rencontre de l’autre chemin, celui qui devait absolument rejoindre le nôtre ?

 

Pourquoi tant de personnes n’écoutent pas leur cœur quand ils se rendent compte, un jour, que dans leur vie, le véritable Amour est venu se présenter, dans toute son intensité, dans toute sa beauté et sa sincérité, mais aussi dans toute sa simplicité, avec cette envie si naturelle de s’exprimer et se vivre, pleinement et complètement…

Pourquoi, quand ils ont compris que l’âme sœur a été trouvée, que l’harmonie totale règne, ou peut régner, certaines personnes déjà engagées n’osent remettre leur vie en question, et vivre ce bonheur total quand d’autres seraient prêtes à tout laisser tomber et à suivre la personne aimée jusqu’au bout du bout du monde, même dans des régions du globe où il fait moins soixante degrés toute l’année ?

Par peur de blesser. Peut être par manque de courage, pour d’autres. A chacun ses raisons, que l’on ne doit pas juger évidemment. Mais dans tous les cas, il ne faut pas craindre les regrets éventuels. Un film bouleversant sur le thème du grand Amour auquel l’’héroine choisit de renoncer par loyauté envers son mari, avec qui elle vit une relation stable et sans histoires, mais dans laquelle elle semble ne pas s’épanouir, est celui réalisé et magnifiquement joué par Clint Eastwood et Meryl Streep : "Sur la route de Madison".

 

Pour certains, qui voient peut être la vie à travers le filtre de la peur, on peut penser qu’il s’agit de l’anxiété à l’idée de s’engager dans l’inconnu, peut être craignent-ils de perdre la maîtrise d’eux-mêmes, de leur libre arbitre, le contrôle de leur vie, d’une vie dans laquelle ils ont construit une forme de régularité parfois simplement rassurante, à défaut d’être satisfaisante ? C’est peut être là le problème du « Est-ce bien raisonnable ? »

 

D’autres, dont le filtre à travers lequel ils regardent la vie semble être celui du « tout psychanalytique, tout explicable » pensent peut être reconnaître dans un sentiment aussi intense, aussi absolu, un comportement immature encore "fleur bleue", ou quelque chose de névrotique, lié à une souffrance passée, à une sorte de nœud qu’il faudrait dénouer, et qui se dénouerait si la personne analysait et comprenait, dans une démarche psychanalytique, l’événement marquant de sa vie qui a bien pu l’influencer par la suite à éprouver un tel attachement ? Ce serait alors la question du « Pourquoi tu l’aimes ? », « Pourquoi c’est lui que tu aimes et pas un autre ? » « Pourquoi à ce point là, finalement ? » etc.Pourquoi ? Pourquoi ? Et pourquoi se poser de telles questions ? Les réponses, si tant est qu’elles existent vraiment, ou que l’on cherche absolument à trouver, sont-elles si intéressantes que cela à connaître ? Que peut-on retirer de positif d’une telle attitude face à un sentiment aussi humain, aussi naturel et aussi fort que l’Amour ?

 

Peut être pense-t-on également, comme cela semble être le cas dans les fictions télévisées, qu’un Amour aussi intense ne peut que s’accompagner de possessivité, de jalousie, ou d’une certaine perte de sa liberté et de son individualité ?

 

Il faut bien évidemment respecter toutes les opinions et les choix concernant la forme d’amour considérée la plus appropriée pour une personne donnée. Tout le monde n’a peut être pas envie de vivre une passion. Mais ce qui est désolant, c’est qu’en dehors de l’amour que l’on pourrait appeler « construction progressive », c’est-à-dire basé sur le schéma considéré comme idéal de la maison dont on poserait méticuleusement chaque pierre l’une après l’autre, l’amour « coup de foudre », l’amour « passion » est trop souvent, pour ne pas dire toujours, présenté, notamment dans les fictions, donc, comme quelque chose de forcément éphémère, de forcément dramatique et pathétique, et donc voué à l’échec, puisqu’au départ les sentiments étaient trop forts, trop intenses, pour donner lieu à une relation équilibrée et durable.

 

Ne serait-ce pas au contraire ces sentiments d’une force inouïe, considérés à tord comme excessifs au point que certains en viennent même à douter de leur sincérité, qui permettent de pleinement et totalement accepter l’autre tel qu’il est, avec tous ses petits défauts de rien du tout, alors que chez tant de couples, ces défauts finissent mallheureusement par entamer petit à petit le quotidien, puis la relation, la ronger, et la mener peut être, finalement vers le néant ? Un néant dont on apprend à se satisfaire au jour le jour, et la vie continue, imperturbable, faute de mieux, ou un néant dont on finit par prendre conscience de l’absurdité, et qui se termine un jour par une séparation.

 

Pourquoi, va-t-on dire en effet, considérer que seule la passion, l’amour total valent la peine d’être vécus, et ne pas vouloir admettre cette peur de s’engager dans une relation totale et fusionnelle, si l’occasion se présente un jour de la connaître, quand on sait qu’il est toujours plus facile et moins douloureux d’assumer une séparation éventuelle (même les contrats de mariage garantissent -en principe- de rester ensemble, mais non de s’aimer jusqu’à la fin de sa vie) avec une personne que l’on a aimée sur un mode moins enflammé, moins fusionnel et moins passionnel ?

 

Comment ne pas comprendre également la peur de s’engager dans une histoire d’Amour absolue, par crainte des conséquences possibles si l’on doit perdre la seule personne à qui on a eu envie de tout donner, à qui on voulait consacrer sa vie entière ?

Et comment se relever du fond du gouffre, remonter la pente du désespoir et reprendre le cours de son existence quand on a connu un tel sentiment Amoureux, mais que par manque de réciprocité, par peur, par doute, indifférence ou autre, on a vu son Amour, pourtant totalement sincère, être impitoyablement rejeté ?

 

Est-ce parce que l’on parle tant d’Amour dans notre société, mais qu’on le met toujours en scène sous une forme dramatique, voire destructrice, qu’il peut faire si peur et si mal, et que cela incite plutôt tant de personnes à chercher à l’éviter ?

 

Autant de questions, posées en vrac et de façon un peu confuses, auxquelles je n’ai pas de réponse, alors je terminerai en citant une réplique du film "Le Dernier Métro" de François Truffaut qui était, d’après ce que l’on connait de lui, une personne hypersensible et hyperémotive, qui a lui même connu de grandes passions amoureuses, et s’est souvent posé des questions très justes et fondamentales.

 

« Est-ce que l’Amour fait mal ?" demande l’un des personnages du film.

-Oui, l’amour fait mal. Comme les grands oiseaux rapaces il plane au dessus de nous, il s’immobilise et nous menace, mais cette menace est aussi une promesse de Bonheur. »

 

 

 

 

 


Par Surya - Publié dans : Textes d'opinion, caricatures, parodies etc...
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Samedi 10 janvier 2009 6 10 /01 /Jan /2009 14:31

Les jeux vidéo violents (jeux de combats, jeux de guerre, jeux faisant ouvertement l’apologie de la violence) rendent-il oui ou non certains jeunes plus agressifs et violents ? Tout porte à croire que oui, en dépit des arguments de certains qui affirment que ces jeux ne modifient en rien le comportement des adeptes. Pour le vérifier, faisons une petite visite dans un cybercafé ordinaire…
 

N’ayant pour l’instant pas internet chez moi, je me rends parfois dans un cybercafé pour me connecter. Certains ordinateurs, regroupés dans un espace dédié, sont reliés en réseau et équipés des derniers jeux vidéo à la mode, dont certains semblent, si l’on en juge par la publicité qui en est faite, très violents. Et l’ambiance, une fois descendu au sous sol, est souvent chaude, électrique, voire même parfois explosive ! Bienvenue dans l’antre du dragon…

Ca sent la bagarre dans un groupe d’habitués, des jeunes garçons âgés de 17 à 25 ans environ, qui passent leur temps à se taper dessus par ordinateur interposé. Le problème, c’est qu’à certains moments, ils semblent également se taper mutuellement sur le système. Les gros mots et insultes, qu’ils hurlent d’un bout à l’autre des travées, fusent alors allègrement. Chez certains, on a l’impression qu’ils se contentent de « jouer le jeu », comme un rituel d’appartenance au groupe, mais chez d’autres, il y a une réelle agressivité dans leurs propos et le ton de leur voix. Impossible, quand ils sont là, c’est à dire très souvent, de descendre au sous sol sans surfer au rythme de leur langage épicé.


Leur attitude est inquiétante : outre le fait qu’ils se lâchent complètement, ne tenant plus aucun compte de la présence dans la salle d’autres gens qui viennent pour se connecter à Internet, certains sont si happés par le jeu, s’investissent à un point tel dans le personnage qu’ils représentent, qu’on se demande s’ils ont encore conscience qu’il ne s’agit que d’un jeu. De plus, beaucoup semblent avoir développé une réelle dépendance aux jeux vidéo.

Lorsqu’ils quittent le cybercafé, continuent-ils à évoluer en pensée dans leur univers virtuel, en attendant impatiemment leur prochaine connexion ?


Leur personnage, ce n’est plus un personnage, c’est eux. Le Dr Tao Ran, qui dirige en Chine, près de Pékin un centre pour traiter les drogués de l’Internet, a constaté que les jeunes accros aux jeux vidéos «  souffrent tous de troubles psychologiques graves et de sérieux problèmes d’identité : leur ‘moi ‘ s’est dilué sur l’écran vidéo ; ils ont fini par s’identifier au rôle de leur personnage de combattants dans des jeux violents où la victoire représente une gratification certaine. » (Source : article Wikipedia sur la dépendance aux jeux vidéo).

En matière de dépendance, un jeu comme World of Warcraft (WOW pour les initiés) bat tous les records : il pousse carrément les joueurs à la dépendance car plus ils restent connectés, plus leur personnage acquiert de pouvoirs. Et le personnage perd ses pouvoirs si l’on diminue ensuite le temps de connexion. Le joueur est donc obligé de se connecter au minimum autant de temps que la veille.

 

Cette dépendance et ce problème d’identité sont bien visibles quand on observe certains joueurs au cybercafé : ce que subit leur personnage, ils le prennent comme une véritable agression personnelle, et en conçoivent un désir de revanche et une véritable rancœur à l’égard de leur adversaire qu’ils expriment haut… et fort ! Un de leurs copains leur fait un « coup bas » dans le jeu ? La dispute couve… et puis un jour, elle éclate.

 

Et ce qui devait arriver s’est finalement produit un samedi matin, pour la première ou la énième fois, eux seuls le savent. Brusquement, l’un d’eux a jailli de son fauteuil de combattant comme s’il avait pressé le bouton d’un siège éjectable, s’est jeté comme une furie sur son « ennemi » et l’a bombardé de coups de poings, en gueulant qu’il l’avait prévenu de ne pas à lui refaire ce coup là. Il a fallu deux « baraqués » pour le maîtriser et lui faire retrouver un semblant de calme. Le pauvre ennemi est ensuite parti, complètement écœuré, après avoir traité son « copain » de ouf. Et tout le monde a poussé un autre « ouf », de soulagement celui là, quand la bagarre s’est calmée, et que les joueurs ont repris pacifiquement leur activité.

 

La question de savoir si les jeux vidéo violents rendent les jeunes plus agressifs et violents ne date pas d’hier. Christian Lehmann, dans son roman pour la jeunesse « No Pasaran, le jeu » a également posé le problème de la violence de certains jeux vidéo et du fait qu’ils risquent d’engendrer, chez les jeunes, une confusion entre le réel et le virtuel. L’auteur cherche également à faire comprendre à ses lecteurs, à travers les problèmes rencontrés par ses trois personnages, en particulier l’ultra violent Andréas, que la guerre, la violence, le combat et la destruction ne sont pas des jeux, mais une tragique réalité.

De multiples études ont été faites, et continuent d’être faites, sur la question de la violence dans les jeux vidéo. Certaines concluent que oui tout à fait ça rend plus violent, et d’autres que non pas du tout. Difficile de s’y retrouver. On peut également lire de nombreux articles sur Internet traitant avec plus ou moins d’objectivité de ce problème.

 

Ceux qui pensent que non pas du tout avancent plusieurs arguments :

 

- Les joueurs savent faire la différence entre le réel et le virtuel. Certains oui, mais on ne peut pas généraliser, et dire « les joueurs ». De plus cet argument est à mon avis celui d’un adulte ayant oublié que la personnalité des jeunes entre 15 et 25 ans est encore parfois en pleine construction. D’autres érigent leur cas en généralité pour justifier qu’on peut jouer à des jeux violents sans pour autant devenir ensuite un criminel notoire. C’est un peu réducteur…

 

- Seuls les jeunes dont la personnalité est déséquilibrée deviennent plus violents. Dire cela, c’est déjà reconnaître que ces jeux rendent une partie des jeunes violents. De plus, même si cela ne touche effectivement qu’une minorité de jeunes, ce n’est pas une raison pour évacuer le problème. Ces jeunes, ne serait-ce que de par leur dépendance aux jeux vidéo, sont en souffrance, ils ont besoin d’être aidés et il est donc important que leur problème soit pris au sérieux.

 

- Autre argument énoncé dans une étude que rapporte Courrier International : les enfants hyperactifs seraient au contraire calmés par ces jeux. Parents d’enfants hyperactifs, on a enfin trouvé la solution : demandez à votre enfant de mitrailler quelques dizaines de personnes et faire exploser un ou deux bâtiments, et vous aurez ensuite une paix royale…

 

- Tous les jeux vidéo ne sont pas violents. Ce n’est pas un argument car on étudie justement l’impact sur les jeunes des jeux reconnus violents. Ce sont ces jeux là qui sont incriminés, pas les autres, bien sûr.

 

- La criminalité n’a pas augmenté chez les jeunes accros aux jeux vidéo violents. Tout d’abord ce n’est pas toujours vrai, comme on le verra plus bas, d’autant plus que lorsqu’un problème survient on refuse souvent de faire le rapprochement avec le jeu vidéo, et de toute façon, si la violence verbale et les bagarres ne se terminent évidemment pas en meurtre, ce sont tout de même l’expression d’une violence certaine et inquiétante, et en augmentation.

 

- Des sociologues ont affirmé que les jeux vidéo joués en groupe développent l’esprit de solidarité et d’entraide chez les jeunes. Je les invite à venir passer un peu de temps dans ce cybercafé, ou dans d’autres lieux similaires, pour mettre leur théorie à l’épreuve. ;-)

L’étude rapportée sur Courrier International a été menée auprès de 120 jeunes de Melbourne âgés de 11 à 15 ans, que l’on a fait jouer vingt minutes pour ensuite mesurer leur taux d’agressivité immédiatement après le jeu. Cette étude a conclu que les jeunes ne sont pas rendus plus agressifs par leur pratique. « Le jeu vidéo, même violent, ne rend d’aucune manière le comportement plus agressif.  » a conclu le chercheur.

Je pense que cette étude n’est pas objective car aucun jeune ne se limite à jouer vingt minutes seulement. Ce serait comme sortir deux minutes par un froid glacial et rentrer ensuite en annonçant triomphalement qu’on n’est pas tombé en hypothermie. De plus, l’étude ne prend pas en compte les modifications progressives de comportement sur le long terme.

Seuls les jeunes présentant déjà de l’agressivité, dit l’étude, auraient des risques de devenir plus agressifs. Mais comment ne pas présenter d’agressivité, à diverses doses, dans nos sociétés où la violence est de plus en plus banalisée, que les limites posées à ce qu’on ose montrer sont de plus en plus repoussées ? Les graphismes sont incroyablement réalistes et dorénavant, dans certains jeux, le personnage a le droit de faire à peu près tout ce qu’il désire à ses adversaires, à tel point que certains jeux ont même été interdits dans plusieurs pays, notamment :

 

     - Grand Theft Auto III (GTA III pour les initiés) a été interdit au Japon en 2005 après qu’un jeune de 15 ans, complètement accro, ait assassiné ses deux parents puis fait exploser l’appartement familial. Mais plusieurs personnes ont affirmé (sur quoi se sont-elles basées ?) que cela n’avait strictement rien à voir avec le jeu vidéo… Dans ce jeu, les missions proposées vont jusqu’au meurtre, et chaque mission réussie rapporte de l’argent. Les armes utilisées sont, par exemple, des battes de Base Ball, des fusils à pompe, des grenades… des lance flammes…

- Manhunt II a été interdit de sortie en 2007 en Irlande, GB, Italie et Suisse. Il a été interdit aux mineurs aux USA. La France ne l’a pas interdit au moment de sa sortie, mais a déclaré « rester vigilante ». On se demande bien ce que, concrètement, cela signifie… Ou ce que cela cache… Qu’on n’a pas envie de regarder le problème en face ? Qu’en France, on a désormais la trouille d’interdire ? Manhunt (« chasse à l’homme ») est tellement violent que le seul fait de lire sa description vous flanque la nausée. Tout y est permis, et surtout les crimes les plus sadiques et les plus atroces. Il existe en France un délit d’incitation à la haine raciale, on devrait envisager un délit d’incitation à la criminalité et à la sauvagerie, car là, c’est vraiment de cela dont il s’agit. Ca permettrait d’interdire immédiatement et sans états d’âmes ce genre de « jeux » ultra dangereux.

 

Pour l’instant, ces jeux choquent encore et sont interdits, ou dans le collimateur des commissions de censure, mais qu’en sera-t-il dans dix ou vingt ans, quand la société aura « évolué » ? Déjà, de nos jours, certaines attitudes violentes, qu’elles soient verbales ou physiques, qui auraient fait bondir les gens il y a vingt ou trente ans, sont complètement banalisées.

Les jeux vidéo violents valorisent les comportements les plus agressifs et impitoyables. Ce n’est jamais le gentil ou le « faible » qui gagne des points, de l’argent ou de la force (certains jeux mettant en scène des univers virtuels n’ont jamais de fin). On se demande après cela par quel miracle cela n’aurait strictement aucune influence sur les jeunes (et moins jeunes ?). Après tout, la télévision est connue pour influencer les gens dans le vote qu’ils font, par exemple. Comme c’est curieux, la télé ou les jeux vidéo n’influencent jamais quand il s’agit de violence…


Une étude, très récente puisqu’elle date de novembre 2008, a été menée par des chercheurs de l’Université d’Iowa sur 1595 jeunes Américains et Japonais. Elle diffère des précédentes études en ceci qu’elle est la première à prendre en compte les effets de la violence des jeux sur le long terme. Elle conclut que les comportements violents doublent chez les jeunes après trois ou six mois de pratique.

On peut lire plus de détails sur cette étude
ICI et LA .

Les cybercafés proposant ces jeux en réseau devraient peut être envisager de limiter le temps de connexion quotidien pour chaque joueur. Mais, rentabilité oblige, on ne le fera pas, et puis, comme on l’a vu pour World Of Warcraft, ce serait condamner d’emblée des joueurs à perdre. La Chine l’a pourtant fait, imposant aux abonnés de ce jeu qui résident sur le sol chinois un temps de connexion quotidien limité. C’est au moins une tentative pour inciter les joueurs à se déconnecter, à tous les sens du terme, et lutter contre les situations de dépendance.

 

Un temps limité de connexion empêcherait aussi d’entendre dans les cybercafés des joueurs annoncer, d’un air très sérieux, ou d’un air furieux, des choses du genre « Je suis mort trois fois hier ! », car, fort heureusement pour eux, ils n’auraient alors tout simplement plus le temps de mourir aussi souvent… 



Image trouvée sur http://www.jeuxvideo.com/illustrations/0000/00000043.htm


                 


                          

 

Par Surya - Publié dans : Textes d'opinion, caricatures, parodies etc...
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